Quelques astuces

Avec l'aimable autorisation de Mr Gérard HAUTIER, nous publions comment rendre une coque étanche.

Coque en bordé parfaitement étanche.

Lorsque l’on réalise la construction d’une coque en bois et que l’on construit cette dernière en bordé sur couples, vous aurez sans doutes remarqué qu’il est très difficile d’avoir des bordés parfaitement jointifs, donc une coque étanche.

Il y a bien la solution qui consiste à mastiquer les trous, mais le bois travaille et souvent, après quelques mois déjà, apparaissent les premières fissures et c’est les ennuis qui commencent avec les fuites.

Il existe une technique simple qui à l’avantage d’allier étanchéité et solidité et qui permet de rendre une coque parfaitement étanche.    

Un fois votre coque assemblée vous allez poncer celle-ci. Prenez soin alors de récupérer soigneusement toute la poussière de ponçage, chaque fois que vous poncez une pièce et lorsque vous poncez votre coque. Le ponçage terminé vous allez diluer un peu de colle blanche avec de l’eau pour la rendre plus fluide et y ajouter progressivement la poussière de ponçage pour en faire une pâte assez fluide, comparable à un vernis épais.    

Au moyen d’un pinceau, vous badigeonnez ensuite soigneusement l’intérieur de votre coque, en insistant sur les endroits ou vous avez quelques imperfections.    

Vous laissez ensuite sécher un à deux jours. Cette couche va durcir et rendre votre coque étanche de l’intérieur. Vous laissez alors celle-ci telle que, sans ponçage,  tout au plus vous pouvez lui donner un peu de couleur en giclant un vernis, ce qui n’est absolument pas nécessaire.    

Parlons maintenant de l’extérieur :    

Le matériel nécessaire pour rendre étanche à l’eau la coque depuis l’extérieur est le suivant : Du tissus de verre tissé 25gr/m2  / De la résine Epoxy deux composants / Un peu d’alcool à bruler / Un pinceau souple.    

Il ne sert à rien de vouloir utiliser un tissus de verre plus épais que le 25 gr/mm, celà n'apporte rien, si ce n'est des difficultés à faire bien épouser les formes de la coque à votre tissus lors de l'imprégnation, et plus de difficulté à boucher la trame du tissus pour le rendre invisible. Croyez-moi, j'ai testé !!

 

Je vous donne ici les références du tissus et de la résine commandée chez Swiss Composite SA  / www.swiss-composite.ch

Tissus N0 de référence 190.1006   page  4 du catalogue  en ligne sur le site Swiss Composite ( se vend au mètre carré )    

Résine No de référence 112.3261  page 49 du catalogue                                                           ( plus petite quantité disponible )

 

Cette résine se conserve plus d'une année au frais et à l'abri de la lumière. Elle à pour énorme avantage de ne dégager que très peu d'odeur ce qui est bien agréable. Penez soin tout de même de travailer dans un local assez grand et bien aéré !

Votre coque soigneusement poncée à l’extérieur, coupez une pièce de tissus de verre 25 gr. un peu plus grande que la longueur et la 1/2 largeur de votre coque et déposez soigneusement ce coupon sur la coque retournée, quille en l’air. Vous voyez d’emblée que le tissus est si fin et souple que celui-ci épouse déjà un peu naturellement la forme de la coque. Manipulez le tissus avec beaucoup de précaution pour éviter de déformer la trame et de tirer des fils et tavaillez sur une place exempte de poussière.    

 

Préparez alors un peu de résine selon les instructions de la notice ( ¼ de durcisseur si vous commandez les références indiqués ci-dessus ) Attention, le dosage doit être aussi exact que possible et je vous conseille vivement de peser vos deux composant  au gramme prés, il en va du succès du résultat. Un mauvais dosage et votre coque risque de rester poisseuse à cause d'une mauvaise polymérisation ! Bien mélanger en brassant et ajouter progressivement un peu d’alcool à brûler jusqu’à obtenir un mélange aussi fluide que de l’eau.    

       

Trempez ensuite un pinceau dans ce liquide et par petites touches, en tapotant légèrement avec le pinceau plutôt que de lisser comme avec de la peinture, vous venez imprégner le tissus qui se colle au bois de la coque. Travaillez proprement en commençant par la quille et descendez progressivement, en évitant de faire des bulles, sur toute la longueur jusqu’à avoir imprégné toute la demi coque.    

La résine, fluide comme de l'eau, imprègne bien le tissus et le bois, qui absobent le produit très rapidement. Et la, vous comprenez pourquoi il ne sert à rien de prendre un tissus plus épais ! Le bois pompe bien cette résine qui s'infiltre par tous les pores. En durcissant, celle-ci donne alors toute la solidité requise à votre construction. La très fine couche constituée par le tissus maintient bien votre bordé et rend votre coque parfaitement étanche.    

 

Vous avez une heure pour réaliser cette opération. Après 90 minutes votre résine polymérise et rend tout travail impossible. Pour nettoyer votre pinceau utilisez uniquement de l’alcool à brûler.    

Laissez sécher une journée, l'alcool contenu dans le mélange s'évapore et la résine polymèrise complètement en 24 à 48 heures selon température. (Attention ne jamais travailler en dessous de 15 degrès, température limite en dessous de laquelle la résine ne polymérise plus normalement.( Vous risquez également de vous retrouver avec une coque toute poisseuse )  Le lendemain, vous coupez le surplus de tissus qui dépasse avant de recouvrir  de la même manière la deuxième moitié de la coque.    

Une fois la coque entièrement recouverte vous allez constater que la trame du tissu est encore visible.    

Pas de panique ! Nous allons passer à la deuxième couche.    

 

Préparez la résine comme précédemment, mais cette fois pas de tissu, nous allons simplement badigeonner notre coque comme si l’on vernissait avec notre mélange. Je conseille vivement de travailler avec une bonne lumière razante en plaçant une lampe à proximité pour voire de manière sûre si toute la surface est bien enduite. Il est en effet très difficile de travailler avec un liquide transparent et d’en garantir la bonne répartition en deuxième couche.

Laissez sécher le tout 2 ou 3 jours. Vous constatez alors que la trame du tissu n’est plus visible et que votre coque est bien lisse. Si tel n’était pas le cas poncez légèrement au papier carrossier 400 à l’eau et donnez une troisième couche si nécessaire. Nouveau ponçage au papier carrossier 400 ou 600 et votre coque est prête pour la mise en peinture.    

Vous obtiendrez avec cette technique une coque bois très solide et parfaitement étanche comme si celle-ci était entièrement réalisée en fibre de verre.    

La coque de ma chaloupe Brienz et celle du Bautier de Barefleur sont un exemple de ce qu’il est possible de réaliser en utilisant cette technique. Dans le cas de la Brienz la dernière couche était un vernis deux composants transparent utilisé en carrosserie. Ceci permettait de laisser la couleur bois naturel et de bien voir le travail du bordé de la coque. Pour le Bautier de Barefleur un vernis noir satiné à l'exemple des Bautiers début 1900.    

J'utilise également cette technique depuis plus de 15 ans pour renforcer les fuselages bois de mes planeurs et sur les coffrages en abachi des ailes de planeurs et d'avions. Je  vous assure que cela donne une solidité à toute épreuve tout en gardant la souplesse nécessaire aux éléments recouverts.    

Merci à Mr HAUTIER    

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Commentaires

19.05 | 18:46
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18.05 | 09:48
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